L'avenir est dans la collaboration

Dans le monde en constante évolution qui est le nôtre, les entreprises ont beaucoup à gagner en misant sur la collaboration. Le terme est à la mode ; il circule de plus en plus dans l'industrie et dans les milieux gouvernementaux. L'initiative de l'ISO qui vise à définir un cadre pour les relations collaboratives en affaires tombe à point, ouvrant les portes à plus d'innovation, de compétitivité et de résultats.

La collaboration, nouveau mot d’ordre des chefs d’entreprise et des responsables politiques, est mise en avant comme la réponse aux exigences de nos sociétés modernes de plus en plus complexes. Faut-il en déduire qu’il est désavantageux de travailler en vase clos ? Incontestablement ! Dans les entreprises, l’attitude du chacun pour soi est synonyme de luttes de pouvoir, de manque de coopération et de perte de productivité.

Regardons les choses en face : bon nombre des problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui sont d’une telle gravité et d’une telle ampleur qu’aucune organisation ou institution spécialisée ne peut à elle seule les surmonter. Face aux catastrophes naturelles, par exemple, des dizaines d’organisations doivent intervenir ensemble pour apporter rapidement les secours nécessaires. Sans un certain niveau de collaboration, les différentes interventions risquent d’être mal coordonnées, avec trop d’aide dans certains secteurs et pas assez dans d’autres.


L’union fait la force

Dans un monde des affaires en mutation, aucune personne, aucune entreprise, aucune organisation ne peut apporter la solution complète à nos problèmes mondiaux. Mais quand des organisations se prêtent main forte pour collaborer à tous les niveaux – en particulier sur de grandes réalisations – les résultats sont probants.

Alors que le contexte est incertain et que les affaires deviennent plus mobiles, les entreprises doivent s’efforcer de trouver de nouvelles sources de revenu et de maximiser leurs profits en cultivant davantage les atouts de la collaboration – c’est-à-dire en partageant les informations, et en établissant des planifications et des projections communes. D’après un sondage effectué dans 12 pays auprès de plus de 2 000 décideurs (gouvernements, entreprises et ONG), neuf personnes sur dix pensent qu’une plus grande collaboration entre les entreprises, les pouvoirs publics et les autres secteurs est essentielle pour sortir de la crise économique mondiale.

Quoi de vraiment surprenant ? L’idée de la collaboration – qui recouvre le « travail en commun » ou la « coopération volontaire » – n’est pas nouvelle dans l’entreprise. On la pratique depuis longtemps dans différents modèles d’affaires (alliances, consortiums, partenariats et programmes d’externalisation) et, avec un regain d’intérêt, dans la gestion des relations avec les fournisseurs.


Faire plus avec moins

Dans les entreprises, l’attitude du chacun pour soi est synonyme de luttes de pouvoir.

Qu’est-ce qui a changé ? C’est bien simple, les chefs d’entreprise doivent aujourd’hui obtenir de meilleurs résultats à moindre coûts. Puisqu’il faut « faire plus avec moins », seul un travail soutenu en équipe peut augmenter les chances d’y parvenir. Selon la Harvard Business Review, en réussissant à augmenter de 5 % le nombre de ses clients fidèles, une entreprise qui s’engage dans des relations collaboratives peut voir ses bénéfices progresser de 25 % à 95 %.

Encore quelques doutes sur les vertus de la collaboration ? L’expérience de Mark Beardmore, Responsable de projet pour CH2M HILL, un bureau d’études et de conseil en ingénierie qui ne jure que par la collaboration, vous convaincra certainement : « Pour être sûr d’apporter une solution optimale dans la plupart de nos projets, nous travaillons en collaboration avec nos clients, nos partenaires et la chaîne d’approvisionnement. Nous tirons parti de l’expérience commune pour retenir les meilleurs outils et les meilleurs processus de manière à trouver des solutions innovantes et globales à la complexité des problèmes. »

La démarche collaborative de CH2M HILL a donné des résultats innovants, économiquement rentables et parfaitement dans les cibles. Comme l’indique Beardmore, les avantages sont énormes :

  1. Économie de coûts : USD 29 milliards d’économie (par rapport aux estimations initiales) sur l’argent des contribuables pour le démantèlement du site de Rocky Flats.
  2. Gains de temps : 30 jours de travail gagnés sur le calendrier – deux fois moins de temps que les 60 jours prévus dans le contrat avec l’US Air Force Academy (USAFA).
  3. Récompenses : Prix 2011 du meilleur projet de l’année, décerné par le Project Management Institute au projet « Prairie Waters » destiné à alimenter en eau la ville d’Aurora (Colorado). Un projet achevé avec deux mois d’avance sur le calendrier et en réalisant USD 100 millions d’économies par rapport au budget.

Qui plus est, précise Beardmore, la collaboration, n’est pas seulement le moyen le plus rapide et le plus efficace d’obtenir des résultats. C’est un élément qui rassure les clients – ce qui n’a pas de prix. Difficile de lui donner tort. Avec des résultats aussi spectaculaires, rien d’étonnant à ce que Beardmore affiche un sourire satisfait.


Plus facile à dire qu’à faire

Ne rêvons pas : la collaboration est parfois délicate à mettre en place. Rassembler différentes personnes et les mobiliser dans un effort collaboratif est une entreprise difficile qui prend du temps. Abandonner les objectifs individuels au profit de l’action collective n’est pas simple. La mise au point des stratégies et le travail de réflexion entre les collègues impliquent beaucoup d’allers-retours et débouchent souvent sur de nouveaux modes de travail qui ne sont pas nécessairement agréables ou faciles. Dans un tel climat, pour la plupart des équipes, instaurer des relations collaboratives est plus simple à dire qu’à faire. C’est là qu’une Norme internationale fournissant de bonnes pratiques pour la gestion des relations de collaboration a sa place.

Pour David Hawkins, Directeur Opérations, Institute for Collaborative Working – organisme britannique très engagé dans ces questions – la décision de l’ISO d’élaborer une Norme internationale sur les relations de collaboration ne pouvait pas mieux tomber.

Comme il le souligne, « alors que les entreprises cherchent à capitaliser sur les relations en place, à promouvoir l’innovation ou à créer de nouvelles propositions de valeur, la rigueur qu’implique l’adoption d’un cadre normalisé est un facteur positif pour des relations plus efficaces et durables. Le recours à une Norme internationale permettra d’assurer la cohérence dans le déploiement de ces modèles collaboratifs et produira des résultats économiquement plus intéressants ».

La future norme ISO 11000, qui vise à appuyer l’efficacité dans l’identification, le développement et la gestion des relations collaboratives en affaires, s’adresse à des organisations de toutes tailles. Pour les petites et moyennes entreprises (PME), en particulier, les partenariats sont utiles comme source d’innovation et d’avantages concurrentiels. Une collaboration étroite avec les chaînes d’approvisionnement peut aussi les aider à mettre en place des relations plus durables et plus efficaces. Et de fait, les PME sont plus facilement intégrées dans les chaînes d’approvisionnement des grandes entreprises qui fonctionnent sur un modèle collaboratif.

Paradoxalement, des efforts de collaboration sont à engager pour mieux faire connaître le nouveau comité de projet ISO/CP 286, Management collaboratif des relations d’affaires – Cadre, et pour mieux impliquer les parties prenantes.


Perspective d’ensemble

À l’heure actuelle, il faut sortir des sentiers battus, mais surtout, ne pas s’y aventurer en solo. Pour réussir, la complexité des facteurs en jeu fait appel à des compétences multidisciplinaires, des qualifications et des expériences diverses qui, cumulées, apportent bien plus que prises individuellement. Concrètement, il s’agit en effet, pour l’entreprise, de partager rapidement et efficacement ses informations, ses ressources et ses expériences avec ses fournisseurs et ses clients – et avec tous les autres maillons indispensables de la chaîne d’approvisionnement.

Tout le monde l’aura compris : les organisations doivent travailler main dans la main. Or, la plupart ne savent pas par où commencer et se méfient de la concurrence, redoutant la perte de maîtrise et des dissonances entre les différentes philosophies d’entreprise. Il est urgent de leur indiquer la marche à suivre. C’est précisément ce que propose l’ISO avec la norme ISO 11000, qui offrira, pour l’établissement de bonnes relations de collaboration, un cadre à la fois flexible et ouvert à la diversité culturelle. Les organisations bénéficieront ainsi bientôt de l’aide qu’elles attendent.


Source : www.iso.org/iso/fr